Regards sur le travail, huitième édition !

Chaque mois de mars depuis huit ans, le P'tit Ciné organise des rencontres documentaires intitulées Regards sur le travail, avec des films, des rencontres et des débats autour de la question du travail, de ses mutations et de ses représentations.
En tout six lieux, une trentaine de films, des invités, des débats, et cette année une ouverture particulière vers d'autres pratiques, comme celle des journalistes radio et des écrivains.
En plus d'être les témoins des enjeux contemporains du monde du travail, les films proposés sont avant tout le fruit de rencontres humaines, d'histoires individuelles ou collectives et du travail de cinéastes partis à leur découverte, avec la caméra comme outil et le cinéma comme geste. Le travail, en images et en questions. Celui qu'on cherche, celui qu’on trouve, celui dont on rêve, celui qu’on aimerait quitter, celui auquel on a droit, celui qu'on refuse, celui qu'on défend, celui qui change tant, celui qui nous fait souffrir. Celui qu’on subit ou celui qu’on a choisi, celui de nos parents, celui de demain, l’invisible, l’intangible, celui qui a déjà disparu.

Ren Liping et Akosse Legba sont venues en France pour trouver l'exil et l'eldorado. Retour sur une désillusion dans deux films étonnants, Ma vie est mon vidéo-clip préféré de Show-Chun Lee et La femme seule de Brahim Fritah projettés dans le cadre d'une soirée autour du travail clandestin et l'esclavage domestique. Dans Le plafond de verre, Yamina Benguigui aborde la problématique la discrimination à l'embauche. Dans De quoi demain sera fait de Jaco Borzykovski, un groupe de militants syndicaux se servent de l'expérience passée comme d'un projecteur qui explore le présent. Petit détour par le travail dans l'industrie agro-alimentaire avec un film événement, Notre pain quotidien de Nikolaus Geyrhalter, un court métrage détonant Nijnok de Leo Wentik et un film sur des luttes paysannes Paysan et Rebelle. Dans La vie autrement de Loredana Bianconi, quatre femmes d'origine maghrébine nous racontent la difficulté de s’imposer en tant qu’artiste dans leur culture et leur milieu familial. Dans Mon diplôme c'est mon corps, Madame Khôl raconte : elle travaillait comme femme de ménage pour cinq employeurs différents jusqu'au jour où elle fit une chute dans un escalier...
Soirée importante autour de la souffrance au travail avec l’avant-première du film Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil qui sort le 22 mars en Belgique et Avec la Sang des Autres de Bruno Muel en présence de Christian Corouge, Bruno Muel et Michel Pialoux.
Cette année nous rendons deux hommages spéciaux. L'un au cinéaste sicilien Vittorio De Seta, dont les courts métrages sur les paysans, mineurs, pêcheurs et bergers de l’Italie du Sud sont de pures merveilles. L'autre à Joris Ivens dont on vient de redécouvrir trois films qu'on croyait perdus et qui méritent une projection spéciale introduite par Bert Hogenkamp et une sélection de certains de ses classiques.
Deux événements supplémentaires donneront à ces huitièmes rencontres un ancrage dans d'autres pratiques artistiques : le reportage radio avec l'émission "Là-bas si j'y suis" et deux de leurs reporters François Ruffin et Olivia Gesbert qui viendront raconter leur expérience de terrain et la littérature avec une rencontre entre deux écrivains très attentifs au monde du travail, Pascale Fonteneau et François Bon.