::: PROGRAMME DE L'ETE 2005 :::


- Le P'tit Ciné à l'Ecran Total
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LE P'TIT CINE A L'ECRAN TOTAL



LE P'TIT CINE A L'ECRAN TOTAL
du 15/06 au 13/09/2005
au Cinéma Arenberg
(Galerie de la Reine, 26 - 1000 Bruxelles)


LE P'TIT CINE A L'ECRAN TOTAL 2005
Comme l'année dernière, le P'tit Ciné vous propose une série de films documentaires dans le cadre de l'Ecran Total, des films sortis en salle en France mais qui n'ont pas trouvé leur place sur nos écrans. C'est l'occasion de leur donner une vraie vie en salle en les montrant plusieurs fois et en faisant le nécessaire pour que presse et bouche à oreille oeuvrent à leur tour à leur succès...


APRES, UN VOYAGE AU RWANDA
Un film de Denis Gheerbrant
(France / 2004 / couleur / 35mm origine DV / 95 minutes)
"Je suis allé au Rwanda des années après le génocide pour comprendre ce que c'est que de revenir à la vie. Pour tous ceux que je rencontrais cette question en contenait une autre : comment cela a-t-il pu nous arriver ? Aucune réponse ne viendra épuiser cette question. Peut-être est-ce d'abord cela "vivre après" ? Vivre avec une question inépuisable."Denis Gheerbrant
"Comme tant d’autres, Denis Gheerbrant s’est perdu au Rwanda, ce si petit pays qui pose de si grandes questions. Il n’est pas dupe et prévient : “Vivre après, c’est ça : vivre avec une question inépuisable.” Mais, comme ceux que le Rwanda et sa tragédie ont aspirés, il se cogne à la lumière noire du génocide tel un insecte affolé. De 500 000 à un million de morts, Tutsis surtout et opposants hutus, assassinés en moins de cent jours, d’avril à juillet 1994, avec une méthodique sauvagerie. Un holocauste de voisinage. Gheerbrant tâtonne, “cherche les traces de l’innommable” dans ce paysage d’avant le péché originel dont la beauté bucolique ne fait qu’attiser le malaise. À quoi se raccrocher ? Les mots tombent comme des petits cailloux au fond d’un puits, les explications brassent le vide comme les pales d’un ventilateur. Interview d’un génocidaire : tout aussi discipliné que lorsqu’il découpait en morceaux sa jeune voisine à la houe, il se prête avec une effrayante docilité aux questions. Mais ses réponses ne font que renvoyer le questionneur à son propre rapport au mal et à la mort. Où se trouve, au fond de moi, la part d’humanité que je partage avec cet homme ? semble s’interroger Gheerbrant. Le cinéaste tient son fil lorsqu’il rencontre Déo. Ce rescapé a trouvé dans les orphelins qu’il élève la force qui l’a fait “revenir à la surface de la vie”. C’est Déo qui, emmenant Gheerbrant sur sa colline, lui ouvre les portes du Rwanda d’avant. D’avant le génocide, d’avant le Blanc. Un monde idéalisé où la vache était au centre de la cosmogonie, où le bon roi tutsi atténuait les rigueurs du servage et du féodalisme, où les danses rituelles rassemblaient Hutus et Tutsis. Ce serait le colonisateur belge qui serait venu briser cette idylle rousseauiste. Bien entendu, comme tout au Rwanda, c’est vrai mais en partie seulement. Le génocide rwandais reste un trou noir pour la raison…
(Christophe Ayad, Libération)
Samedi 18/6 21:10 - Lundi 20/6 16:10 - Mercredi 22/6 18:40
Lundi 27/6 16:10 - Samedi 2/7 14:10 - Lundi 4/7 19:10


A L'OUEST DES RAILS
Un film en 4 parties de Wang Bing
(Chine / 2003 / DVCam / v.o.st-fr)

SYNOPSIS
A Shenyang, dans la Chine profonde, 'Tie Xi' est un gigantesque complexe industriel né au temps de l'occupation japonaise. Il a ensuite prospéré jusqu'à compter un million d'ouvriers avant 1990. Wang Bing a filmé de 1999 à 2001 la lente agonie des usines et des hommes dans l'effondrement final d'un système obsolète. En suivant au quotidien la descente aux enfers d'une classe ouvrière autrefois promise à d'autres gloires par la Révolution chinoise.

COMMENTAIRE
Un train traverse de vastes étendues enneigées. Il s’arrête parfois dans des hangars désaffectés ou à proximité d’usines fermées. De cette formidable utopie qu’était le communisme chinois, ne reste plus que des vestiges, le spectacle de paysages figés dans la désolation. Ainsi commence A l’Ouest des rails, évocation sur près de neuf heures de la lente agonie de la région industrielle de Shenyang. L’histoire du complexe industriel de Tie Xi commence en 1932 quand l’armée d’occupation japonaise décide d’implanter des usines d’armement dans cette province reculée du nord-est de la Chine. Dix ans plus tard, la ville de Shenyang devient le symbole de la politique industrielle menée par le régime communiste chinois. A son apogée, le complexe emploie près d’un million de personnes. Mais au début des années 90, la Chine s’ouvre au capitalisme : les usines d’un autre siècle, obsolètes et mal gérées ferment les unes après les autres laissant des milliers d’ouvriers sur le carreau. La caméra de Wang Bing accompagne ce terrible mouvement vers l’abîme. De décembre 1999 à février 2001, le cinéaste a vécu auprès des ouvriers, il recueille leurs témoignages désabusés et filme la mort programmée de la cité industrielle.
Rouille I et Rouille II offrent une plongée saisissante dans le quotidien de ces ouvriers au travail. Wang Bing enregistre chaque geste, filme chaque recoin des usines. Munis d’un outillage parfaitement dérisoire, les ouvriers s’activent en vain. Les équipes ont été réduites, la production de mauvaise qualité s’effondre. Reste les hommes, fantômes d’une époque qui glorifiait leur travail. Wang Bing parvient petit à petit à gagner leur confiance. Le résultat laisse rêveur par la science du cadrage et son réalisme surprenant. La seconde partie, Vestiges suit les ouvriers de retour à leur domicile dans le quartier ouvrier de Rainbow Row. Construites en 1930 pour loger la main-d'œuvre venue en masse, ces vétustes maisonnettes doivent être démolies pour permettre à des investisseurs privés de bâtir une cité moderne. On démolit la 'rue de l’Arc en ciel' et les ouvriers sont expulsés vers de nombreux baraquements.
Rails s’attarde sur le quotidien des employés de la compagnie de chemin de fer. Malgré les fermetures d'usines, vingt kilomètres de rail assurent toujours le transport des matières premières et des produits manufacturés hors de la ville de Shenyang. Au fil des saisons, le paysage change et les rapports entre les individus deviennent plus forts. Dans la salle de repos, les cheminots échangent les nouvelles du moment, se disputent, se confient. Peu à peu, les anciens symboles du communisme disparaissent les uns après les autres et le pouvoir central vante désormais les mérites de l’investissement dans les loteries d’état. Les ouvriers, eux, ont tout perdu, travail, logement, santé mais le film de Wang Bing leur rend leur dignité. Derrière la modernité de façade de la Chine d’aujourd’hui, un peuple survit dans la misère.

MODE D'EMPLOI
Il est important de souligner que les quatres parties du film sont indépendantes. On peut donc les regarder dans n'importe quel ordre ou n'en regarder qu'une, deux ou trois parties. Le film sera projeté plusieurs fois dans son intégralité durant les trois semaines à venir. A vos agendas !

HORAIRES

Rouille I (2H04) - Me 20/7 16:10 - Di 31/7 13:40 - Me 3/8 18:40
Rouille II (1H56) - Ve 22/7 18:40 - Ma 2/8 16:10 - Di 7/8 13:40
Vestiges (2H56) Ma 26/7 18:40 - Di 31/7 20:20 - Lu 8/8 13:40
Rails (2H15) - Di 24/7 13:40 - Je 28/7 21:10 - Ve 5/8 16:10

CE QU'EN DIT LA PRESSE

“Attention, convoi exceptionnel.” (Télérama - Louis Guichard)
“Seul et avec une simple caméra DV, Wang Bing transforme un documentaire sur la fin d'un complexe industriel chinois en une fresque apocalyptique d'une puissance politique, historique, humaine incroyable.” (Les Inrockuptibles -Jean-Baptiste Morain)
“Ce film de fin du monde est une oeuvre majeure réalisée avec une caméra DV.” (Le Monde - Jacques Mandelbaum)
“Une étonnante expérience de cinéma vérité” (Zurban - Eric Quéméré)
“On voudrait dire la grandeur d'A l'ouest des rails et à quoi elle tient. A l'Ouest des rails est une fête pour les yeux.” (Cahiers du Cinéma - François Bégaudeau)

PRIX ET FESTIVALS

Sélection Officielle “International Forum” – Festival International du Film – Berlin 2002.
Grand Prix - Festival International du Documentaire – Marseille 2003.
Montgolfière d'Or - Jury Documentaire - Festival des 3 continents – Nantes 2003
Grand Prix – Festival du film – Yamagata 2003.
Grand Prix – Festival International du Documentaire – Lisbonne 2002


PROFILS PAYSANS 1 : L'approche
Un film de Raymond Depardon (France / 2001 / 35mm / vo.fr / 90 minutes)
Un long travelling sur une route d'automne. En voix off, Raymond Depardon explique : "Nous avons rendez-vous dans des petites exploitations agricoles sans histoires. Paysans retraités, célibataires ou couples modestes, ils sont trop souvent oubliés. Ce film est consacré à l’approche, notre approche, de ces fermes et de ces habitants. Nous allons revenir sur plusieurs années, pour suivre l’évolution de ces exploitations de moyenne montagne. Ils continuent pour la plupart à travailler et à vivre dans leur propre ferme, souvent jusqu’à la fin de leur vie. De jeunes agriculteurs diplômés recherchent des fermes à exploiter, ils sont peu nombreux, ils veulent vivre dans ces montagnes."
Mercredi 17/8 16:40 - Samedi 20/8 19:10 - Jeudi 25/8 21:40 - Lundi 29/8 14:10


PROFILS PAYSANS 2 : Le quotidien (+ CM - Quoi de neuf au Garet ?)
Un film de Raymond Depardon (France / 2004 / 35mm / vo.fr / 85 minutes)
En Lozère, Ardèche et Haute-Loire, nous retrouvons plusieurs des familles filmées quelques années auparavant dans "L'approche". La campagne évolue rapidement. De jeunes agriculteurs s'installent dans ces régions de moyenne montagne pour tenter leur chance. Dans le même temps, de nombreuses exploitations se transforment en résidences secondaires. Les problèmes de transmission du patrimoine agissent sur la vie de tous les jours. En se confrontant au temps qui passe, Raymond Depardon rend hommage à ces hommes et ces femmes qui risquent de basculer dans l'oubli.
Vendredi 19/8 16:40 - Lundi 22/8 21:40 - Mercredi 24/8 21:40
Samedi 27/8 14:10 - Lundi 29/8 16:40 - Mardi 30/8 19:10


L'approche (2000) et Le quotidien (2004) sont les deux premières parties de la trilogie 'Profils paysans' que Raymond Depardon consacre au monde rural et à la moyenne montagne. Nous vous en avions déjà donné un avant-goût lors de Regards sur le Travail/4 en 2001. Le troisième volet est prévu pour 2009.