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::: LE P'TIT CINE : 15 ANS DEJA ! ::: AUTOMNE 2010
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> Programmation anniversaire
CARTE BLANCHE A...Claire Simon, Claudio Pazienza et Denis Gheerbrant
> Sélection de courts métrages
:: THE PRESENT de Robert Franck ::
:: DANS LE NOIR de Sergueï Dvortsevoy::
:: ET VOILA LE TRAVAIL de Florette Eymenier ::
> Sélection de longs métrages
:: LES BELOV de Viktor Kossakovsky ::
:: CHRONIQUE D'UN ETE de Jean Rouch et Edgar Morin::
:: BANDITS A ORGOSOLO de Vittorio de Seta ::
ET AUSSI...
:: THE QUIET ONE de Sidney Meyers::
:: L'OEIL AU DESSUS DU PUITS de Johan van der Keuken ::
:: UNE VI(LL)E HABITEE de Monique Quintart ::
:: RECITS D'ELLIS ISLAND de Robert Bober et Georges Perec ::
:: AU FIL DU SON, UN PORTRAIT DE YANN PARANTHOEN de Pilar Arcila ::
MAIS ENCORE...
> Atelier de réflexion professionnelle sur le cinéma documentaire
:: LA MISE EN SCENE DU SON DANS LE CINEMA DOCUMENTAIRE Au Cinéma Arenberg, le vendredi 26 novembre de 10h à 17h ::![]()
>> Téléchargez le dépliant de la saison en PDF : Complet (526kb)
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CINEMATEK - mercredi 21 septembre 2010 - 19:00
9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles
Bus 27-29-38-65-66-71-95, Métro Gare Centrale, Trams 92-94
The Quiet One
de Sidney Meyers
USA / 1948 / vostfr / 64 minutes
Fiction documentaire portée par une bande d’acteurs non professionnels, The Quiet One rend compte des atermoiements d’un jeune garçon de Harlem confronté à une société dont il n’a pas les clefs, et l’accompagne au moment où, dépassé par sa propre violence, il est envoyé dans une école spécialisée.
Sorti en 1948 sur les écrans américains, ce remarquable, et remarqué, essai cinématographique réalisé en 16 mm a son synchrone, hors des studios et en équipe réduite, est l’œuvre de quatre compères déjà aux commandes de In the street (1945-1952) : Sidney Meyers à la réalisation, Helen Levitt et Janice Loeb a l’image, et James Agee comme auteur du commentaire énoncé en voix off.
Considéré comme un des films pionniers du cinéma indépendant américain, aux côtés de ceux de Lionel Rogosin -
qui le cite d’ailleurs comme référence pour son travail de cinéaste sur On the Bowery (1956) - et de Morris Engel,
The Quiet One associe des prises de vue documentaires à une construction de récit très structurée pour un film
sous tension, qui capte avec justesse le désarroi intérieur du jeune Donald.
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CINEMATEK - mardi 12 octobre 2010 - 21:00
9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles
Bus 27-29-38-65-66-71-95, Métro Gare Centrale, Trams 92-94
L'oeil au-dessus du puits
de Johan van der Keuken
Pays-Bas / 1988 / vostfr / 90 minutes
> Séance introduite par Serge Meurant
L’œil au-dessus du puits fait la synthèse entre les deux sortes de films
que Johan Van Der Keuken avait
réalisés jusqu’alors : des documentaires et des films de fiction expérimentale. Le cinéaste avait souffert du
fait que seul le côté documentaire de son travail soit apprécié. Son désir était de voir réunis les deux versants
de son œuvre comme les deux ailes d’un oiseau.
L’œil au-dessus du puits lui fournit une telle occasion. Depuis longtemps,
le cinéaste nourrissait
le projet d’aller filmer en Inde, mais il craignait de se laisser engloutir par cette gigantesque marée humaine.
Il souhaitait également ne pas centrer son film sur le problème de la pauvreté, mais n’aborder celui-ci que comme
l’une des composantes de la société indienne. C’est ce qui détermina le choix de la région de Kérala dans le Sud
qui est l’état le plus alphabétisé et le plus politisé de l’Inde .
L’œil au-dessus du puits cherche à traduire de la façon la plus juste,
par les moyens propres au cinéma, cette
culture formalisée, notamment par le système des castes, où l’équilibre entre la vie sociale et la vie intérieure
apparaît comme parfait.
Le cinéaste place son récit sous le signe d’un conte qui évoque la condition précaire de l’homme,
les dangers qui
de partout menacent de l’anéantir, sans pourtant l’empêcher de goûter au miel de l’existence.
La danse, les
arts martiaux et le théâtre constituent autant de noyaux dramatiques autour desquels gravite le film.
L’importance
de la mise en scène a été soulignée par Johan Van Der Keuken tout autant que la place laissée à
l’improvisation.
On pourrait parler de la simulation d’un film de fiction mais où les gens mettent en scène leur
propre vie, sous le regard de la caméra.
L’apprentissage de la danse et du théâtre exige un contrôle absolu sur le corps, les gestes et les expressions
du visage dont le masque apparaît comme la condensation.
« Bouge tes sourcils, garde tes mains immobiles, bouge
ton cou, montre ta fierté, comme un éléphant, dans l’eau »
commande le maître de danse. La caméra obéit avec la plus rigoureuse précision à chacune de ces injonctions.
Sa mobilité à saisir chaque expression sert l’équilibre global
de chaque plan d’ensemble. L’impression qui en
ressort est celle d’un équilibre vertigineux, d’un calme tourbillon. La
beauté naît de la rencontre des disciplines –
la danse et le cinéma- si parfaitement maîtrisées qu’elles rejoignent une absolue spontanéité.
L’expérience indienne enrichit l’art du portrait tel que le pratiqua Johan Van Der Keuken dans la plupart de
ses films et que l’on retrouve avec Face value en 1991.
Il éclaire les visages d’une intériorité qui déborde la présence individuelle et touche à la spiritualité collective.
La structure circulaire du film est soulignée par l’accompagnement, de village en village, d’un petit prêteur
de campagne. Les scènes dialoguées évoquent de façon colorée la circulation de l’argent et la vie économique de la
région. D’autres trajectoires fonctionnent de la même manière (le va-et-vient à vélo du projectionniste) et tressent
un réseau entre les différents lieux.
Il y a enfin un long travelling réalisé à partir d’un bateau , comparable à celui réalisé par le cinéaste sur le
mode expérimental dans « Le temps ». Avec l’énorme différence qu’il s’agit ici d’une prise directe et non préparée ,
où le décor et les personnages qui l’animent surgissent à l’improviste, avec un effet de totale surprise. On y retrouve
l’absolue nécessité , sans cesse réaffirmée par le cinéaste, de filmer comme s’il s’agissait à chaque fois de la
première fois.
L’œil au-dessus du puits atteint un point d’équilibre parfait. La beauté
du film répond à celle du monde et
de la vie. Elle culmine en un sentiment de jubilation par le portrait d’un chanteur dont la voix gronde et s’apaise,
portée par un souffle puissant, dans d’infinies modulations.
(Serge Meurant, octobre 2001)
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ESPACE DELVAUX - mardi 26 octobre 2010 à 20:30
Place Keym - 1170 Bruxelles (Watermael-Boitsfort)
Bus 17-41-95, parking gratuit dans la galerie commerçante face à l'Espace Delvaux
> CARTE BLANCHE A...CLAIRE SIMON, CLAUDIO PAZIENZA ET DENIS GHEERBRANT
Soirée projection, suivie d'un drink, en leur présence, à l'occasion des 15 ans du P'tit Ciné
The Present
de Robert Franck
CH / 1996 / 35 mm / 27 minutes / vo anglaise non sous titrée
Fragments d’un journal filmé. Fragments habités par la voix rauque, sèche, ironique de Frank.
Plans vibrants, flous / nets, courts
distillant en 27 minutes sauts d’humeurs, traces de saisons, pudeur, rage,
signes distincts de la mort à l’œuvre. Eclats de réel
sans continuité aucune, sans grammaire particulière, sans
apaisements possibles. Fenêtres, cadres, réminiscences.
Errances visuelles où apparaissent amis, objets, photos,
miroirs ayant perdu leur pouvoir réfléchissant. « Difficile d’effacer la
mémoire » dit Frank en filmant un homme qui
s’emploi à effacer le mot « Memory » imprimé sur une surface. Et à côté, à côté
de cette main qui efface on entrevoit
la silhouette opaque du cinéaste. Oui, difficile de ne pas s’émouvoir devant la mosaïque de ce photographe où paroles
et images se crispent, s’écartent, se rapprochent à nouveau, s’esquivent par peur de la finitude. (Claudio Pazienza, sept. 2010)
Dans le noir
de Sergueï Dvortsevoy
Russie-Finlande / 2004 / vostfr / 41 minutes
Voici un film magnifique autour d'un homme, c'est un russe soyez en sûr!,
qui vit seul dans une banlieue sinistre, il est aveugle
et il partage sa
vie avec son chat. Et son chat c'est un peu Marylin Monroe. C'est à dire une
splendeur qui le rend fou.
Qui se joue
de lui et le fait tourner en
bourrique. Donc cet homme surmonte son calvaire et bonheur conjugal pour
fabriquer des filets qu'il propose ensuite gratuitement dans la rue, à ses
concitoyens.
Voici dans ce film, ce dont les grands auteurs russes nous ont toujours
parlé , l'absurdité extraordinaire de la vie qui de tant de misère finit par
ressembler à un opéra baroque et magistral.
(Claire Simon, septembre 2010)
Et voilà le travail
de Florette Eymenier
France / 2009 / 17 minutes
Un petit film de 17' qui met en forme le travail du XXI° siècle : "Voilà le travail".
Un film sur la "nouvelle économie" qui trouve son principe formel dans la désincarnation même des rapports sociaux.
La règle du jeu est simple en effet : un texte a été élaboré à partir de témoignages de travailleurs, du cadre "nomade"
à l'intérimaire en passant par le stagiaire, pour être portés par d'autres corps, à la fois relais et alias.
Le résumé (les résumés sont le plus souvent écrits par les réalisateurs mêmes) le dit bien : "Les témoignages sont
des récits écrits et distanciés portés à l'écran par des comédiens amateurs."
C'est la manière précisément subtile, trop subtile, dont tout de suite le débit de la voix est contrôlé,
le silence bien marqué pour ménager l'effet, qui fait signe au spectateur. Aucune ambiguïté possible même si
n'est dit explicitement. Le premier "témoin" (comme on dirait à la télévision, ou lors d'un procès) est trop
parfait, il est juste trop : bureau High Tech, visage lisse et ravagé à la fois, come un toxicomane raconterait
le gouffre où l'entraîne son addiction et la jouissance qu'il y trouve. Et quand va parler une femme qui travaille
sur une plateforme d'accueil téléphonique, on est presque soulagé de se dire "non ce n'est pas elle, mais une autre, des milliers d'autres : l'émotion alors n'est plus de l'ordre de la compassion, le texte qui traverse cette femme nous arrive droit dedans, déchirant.
Déchirant, mais pas psychologique et cette règle du jeu n'est pas anodine, ce n'est juste un procédé brechtien-chic, pas plus qu'un faux documentaire malaisant. Ce que dit cette mise en scène, cette alternance de personne seules qui s'adressent directement, frontalement, à nous, spectateurs, c'est d'abord la solitude de chacun, chacune, face au monstre abstrait, "eux. Pas de "nous" dans cette histoire ceux juste des individus "partenaires" (le mot imposé par la novlangue), comme dans un jeu ou une secte. Le choix d'un adepte de "second life n'est pas anodin et toujours revient ce sentiment que plus que de domination c'est d'une véritable aspiration de l'être, de ses forces vitales jusqu'au plus intime, qu'il s'agit.
C'est pour cette raison précisément, cette individuation forcenée, cette mise en concurrence, qu'il importait de ne pas, à nouveau, refabriquer du psychologique, renfermer l'individu, mais au contraire organiser ce passage de relais de la parole qui universalise.
Et toutes ces solitudes souffrantes qui nous prennent à témoin nous renvoient à notre propre solitude dans l'architecture glacée d'un monde abstrait.
(Denis Gheerbrant, septembre 2010)
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ESPACE DELVAUX - mardi 2 novembre 2010 à 20:30
Place Keym - 1170 Bruxelles (Watermael-Boitsfort)
Bus 17-41-95, parking gratuit dans la galerie commerçante face à l'Espace Delvaux
> En avant première et en présence de la réalisatrice
Une vi(ll)e habitée
de Monique Quintart
BE / 2010 / 56 minutes
C'est un street movie, un chemin que je trace dans Bruxelles, à la recherche de ce que signifie habiter un lieu.
Mon
trajet personnel est mis en relation avec deux autres manières, collectives et populaires, d'investir la ville : le Meyboom,
fête d'un quartier qui n'existe plus et qui fait revivre chaque année l'esprit du Bas-Fond, et, plus récente, la Zinneke Parade,
une fête en quête d'identité nouvelle qui rassemble des habitants de toutes origines.
(Monique Quintart, septembre 2010)
Entrée libre sur réservation à contact@leptitcine.be
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CINEMA ARENBERG - dimanche 14 novembre 2010 - 20:15
26 Galerie de la Reine, 1000 Bruxelles
Bus 29-34-47-48-60-65-66-71-95, Métro Bourse-Gare Centrale-De Brouckère, Trams 3-4
Les Belov
de Viktor Kossakovsky
Russie / 1993 / 60 minutes / vostfr
> Film proposé par Claudio Pazienza
Soliloques, pleurs, lamentations, tirades philosophiques d’un frère alcoolo (Mikhail) et d’une sœur veuve (Anna)
vivant sous le même toit, dans la même ferme. Esseulés, les protagonistes labourent leurs champs, chérissent
une vache capricieuse, font l’éloge des vertus curatives de la salive de leur chien … s’invectivent …
se réconcilient aussitôt.
Et leur parole surgit souvent de manière inattendue comme si les fantômes poussaient
à la catharsis le temps d’un plan, d’une séquence. Comme s’ils se savaient désormais hors du temps, invisibles
au monde. Déjouant les pièges du naturalisme misérabiliste (par le son, par les prouesses d’une caméra pudique et
amoureuse, par une surprenante séquence de mise en abyme), Kosakovsky offre le portrait sensuel d’un couple insolite
sollicitant le for intérieur d’autrui avec doigté, finesse, humour. La maîtrise du cinéaste n’en devient que plus
jubilatoire et d’une puissante
intensité lyrique. (C.P. sept. 2010)
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CINEMATEK - mardi 16 novembre 2010 - 21:00
9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles
Bus 27-29-38-65-66-71-95, Métro Gare Centrale, Trams 92-94
Chronique d'un été
de Jean Rouch et Edgar Morin
France / 1961 / 35 mm / 90 minutes
> Film proposé par Denis Gheerbrant
Pourquoi Chronique d'un été ? Tout simplement parce que Chronique d'un été est inépuisable : il est de certains films comme de livres ou de peintures, ils se trouvent juste au point de rencontres entre des forces qui en font des repères.
1961 : la guerre d'Algérie tourne au désastre moral, l'espoir d'un monde meilleur après la guerre commence à se fissurer, les limites d'un mieux-être matériel à creuser le doute.
1961 : A bout de souffle vient de révolutionner le cinéma par sa manière d'emporter sa caméra dans le mouvement de ses acteurs.
Le cinéma, l'art tout entier - pensez à Pollock qui jette la peinture sur la toile ou à Yves Klein qui applique directement le corps enduit de peinture des femmes sur la toile - se veut représenter comme une conscience révolutionnaire de son époque, interroge la matérialité de l'œuvre, son rapport au réel – pensez à la musique concrète qui s'élabore à partir d'enregistrements des bruits du monde.
"Caméra stylo" ou "cinéma-vérité" : quand apparaissent les premiers ensembles synchrones de caméras 16 Coutant silencieuses et d'enregistreurs sur bandes magnétiques, les cinéastes ont déjà les mots pour les utiliser. Jean Rouch, qui tournait avant avec des caméras mécaniques (elles se remontaient comme un réveil et ne permettaient que des plans de 30 secondes), peut maintenant filmer jusqu'à 10 mn sans interruption.
Un des cinéastes les plus libres et inventifs de son époque rencontre Edgard Morin, sociologue dans la société, pas au-dessus, et élabore avec lui le projet d'un film dont "les acteurs seraient les auteurs du scénario", une sorte d'utopie démocratique du cinéma. Ensemble ils vont plus loin et organisent, plus que des rencontres entre les différents protagonistes, des vacances au cours desquelles, entre autres, se nouera subrepticement une émouvante et étonnante idylle. Et qui peut oublier l'échange entre un jeune lycéen tout juste arrivé du Sénégal et un ouvrier de Renault ? Un film qui invente le cinéma, plus
encore : qui invente la vie qu'il filme !
C'est là, dans la force d'un film qui se construit devant le spectateur, devant ses protagonistes mêmes que
le film apparaît comme un grand film moderne, moderne parce qu'il explore avec gourmandise des espaces inconnus
en construisant au fur et à mesure ses propres règles, moderne parce qu'il annonce déjà la remise en cause de
l'idéal productiviste et consumériste des trente glorieuses qui aboutira en 68. C'est ce foisonnement qui m'a ébloui tout jeune : "c'est ça que je veux faire" me suis-je dit tout bas.
Bien plus tard, à la fin des années 80, le projet d'un film qui interroge son époque, Et la vie, portera la marque
de Chronique d'un été.
Et tout récemment, alors que je finissais
La république Marseille, je réalisais que, tout
au long de mes films, je n'avais fait que poser la même question à ceux que je filmais, la question fondatrice
formulée par Edgard Morin à Marceline Loridan : "Comment vous vous débrouillez avec la vie ?"
(D.G., sept. 2010)
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CINEMA ARENBERG - vendredi 26 novembre 2010 - 10h-17h
26 Galerie de la Reine, 1000 Bruxelles
Bus 29-34-47-48-60-65-66-71-95, Métro Bourse-Gare Centrale-De Brouckère, Trams 3-4
> Atelier - Journée professionnelle autour de l'écriture du son dans le cinéma documentaire
La mise en scène du son dans le cinéma documentaire
Atelier de réflexion, en compagnie notamment de Daniel Deshays (ingénieur du son, responsable de l’enseignement
du son à l’ENSATT – Lyon et animateur notamment du séminaire Territoires sonores, à Lussas en 2006 (FR)
Séminaire ouvert à tout
public intéressé dans la limite des places disponibles
A l’origine de notre projet de séminaire, l’envie de relayer un constat avancé par Daniel Deshays sur le
déséquilibre
entre la place accordée par les cinéastes au son et à l’image dans l’écriture de leur documentaire.
C’est comme,
dit-il, si “il n’y avait à l’endroit du son aucun variant majeur, aucun levier agissant sur la forme
globale de l’œuvre !
On fait donc ‘le son’ qui sied à l’effet de réel supposé devoir exister au regard de l’image”.

Mais comment le réalisateur
peut-il se partager entre ces mondes, deux territoires, avec lesquels il doit construire, chacun imposant ses exigences,
ses contraintes de pensée. Comment opérer alors pour élaborer un signifiant
filmique qui intègre, si ce n’est à valeur
égale, au moins à juste mesure, les questions liées à l’écriture créative de l’image et du son dans le cadre d’un projet
documentaire.`
Autant de questions que cette journée n’abordera pas de façon théorique, mais bien en engageant les auteurs à s’arrêter
ensemble sur leurs propres pratiques, et les différentes méthodes de travail existantes. Daniel Deshays, et c’est la
raison pour laquelle nous l’avons invité, propose dans ses séminaires des outils pour penser le son et le travailler,
avec pour objectif de donner aux cinéastes les moyens d’acquérir plus de liberté dans l’écriture sonore cinématographique,
sinon facilement déléguée aux « spécialistes » du son avec lesquelles ils travaillent.
Si l’importance du son au cinéma
est évidente, et communément admise, cette facette des films est-elle si complexe qu’elle doit être laissée sous
l’autorité des collaborateurs techniques ?
« Mettre en scène le son dans le cinéma documentaire », c’est bien cette problématique qui sera développée au
cours de cette journée de travail, avec l’envie simple de proposer aux auteurs documentaires un espace et un temps de réflexion en commun, et en compagnie de
leurs collaborateurs au son, sur des questions inhérentes à leurs pratiques professionnelles, et de se réapproprier
(en tout cas d’intégrer davantage) le travail du son dans leur écriture cinématographique.
Inscription obligatoire : contact@leptitcine.be
(merci de fournir les informations suivantes au moment de votre inscription :
nom et prénom / activité principale (profession) / email / adresse)
Journée initiée par Le P'tit Ciné dans le cadre de la 11ème édition du Mois du Film Documentaire, organisée en partenariat avec
la Scam et le cinéma Arenberg, avec le soutien de l'Ambassade de France en Belgique
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ESPACE MAGH - vendredi 3 décembre 2010 à 20:30
17 rue du Poinçon, 1000 Bruxelles
Bus 95, arrêt Saint Jean / Trams : station Anneessens
Récit d'Ellis Island
de Robert Bober et Georges Perec
France / 1980 / 116 minutes / Film diffusé sur support vidéo
> Le film sera introduit par Philippe Delvosalle
A moins d’un kilomètre de la statue de la Liberté, l’île d’Ellis Island, à l’embouchure de l’Hudson à New York,
a été entre 1892 et 1954, l’unique voie d’accès aux Etats-Unis pour des millions d’immigrants qui rêvaient de jours meilleurs. Avec « Récits d’Ellis Island », Georges Perec et Robert Bober partent sur leurs « Traces » (1ère partie du film), et évoquent leur « Mémoire » (2ème partie du film).
A Paris quand nous disions que nous allions faire un film sur Ellis Island, presque tout le monde nous
demandait de quoi il s’agissait. A New York, presque tout le monde nous demandait pourquoi. Non pas pourquoi un film sur Ellis Island, mais pourquoi nous. En quoi cela nous concernait-il, nous, Robert Bober et Georges Perec ? Il serait sans doute un peu artificiel de dire que nous avons réalisé ce film à seule fin de comprendre pourquoi nous avions le désir ou le besoin de le faire. Il faudra bien pourtant que les images qui vont suivre répondent à ces deux questions, et décrivent non seulement ce lieu unique, mais le chemin qui nous y a conduits. (G.Perec)
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ESPACE DELVAUX - mardi 7 décembre 2010 à 20:30
Place Keym - 1170 Bruxelles (Watermael-Boitsfort)
Bus 17-41-95, parking gratuit dans la galerie commerçante face à l'Espace Delvaux
Au fil du son, un portrait de Yann Paranthoën

de Pilar Arcila
France / 2007 / 54 minutes
> Le film sera introduit par Christophe Rault (Atelier de création
sonore et radiographique - http://www.acsr.be)
La photographe Pilar Arcila accompagne le documentariste radiophonique Yann Paranthoën dans son travail.
Ses créations sonores, savantes alliances de poésie et de captation du réel, mettent en avant l’empreinte de sons
aujourd’hui disparus et nous rappellent la force artistique de la radio. Dans un geste de transmission, il nous livre
des clefs d'écoute, et ses propos nous invitent à re-découvrir son œuvre.
Cette programmation est proposée en partenariat avec la Craxx,
dans le cadre de la manifestation Radio-Activities (www.radioactivities.be),
qui célèbre cet hiver le 30ème anniversaire des radios libres belges
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CINEMATEK - jeudi 9 décembre 2010 - 21:00
9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles
Bus 27-29-38-65-66-71-95, Métro Gare Centrale, Trams 92-94
Bandits à Orgosolo
de Vittorio de Seta
Italie / 1961 / vostfr / 93 minutes
> Film proposé par Claire Simon
Vittorio de Seta raconte, dans une fiction au style documentaire, l'injustice dont est victime un berger sarde accusé
injustement d'un vol et d'un meurtre. Caché dans la montagne avec son frère et son troupeau, Michele, en totale rupture,
ne veut « ni s'innocenter ni se rendre ».
"Je suis une grande admiratrice de Vittorio de Seta, de ses courts métrages magnifiques qui nous montrent combien
le cinéma peut être le lieu du mythe. Documentaire et fiction peu importe, c'est la terre intraitable et le tragique d
e ceux qui la vivent la chantent la subissent. D'une génération à l'autre une fiction se transmet, et devient mythe et
c'est cela que Vittorio de Seta me révèle dans chacun de ses films. Ce que les anciens ont confié à la langue, aux gestes,
au chant pour que la terre et la dureté de la vie soient une histoire, un combat, rituel, que chaque nouvelle génération
ravive et n'est pas sûre de gagner". (Cl.S., sept. 2010)