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Leçon de cinéma #3 : Johan VAN DER KEUKEN, la période Bolex. Par Thierry Odeyn

23 février 2019, 10h30

CYCLE 2018/2019
Par Thierry Odeyn, réalisateur et professeur de cinéma documentaire.

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« Un des problèmes que je rencontre pour faire connaître mes films c’est cette opposition : documentaire/fiction. Moi, fondamentalement, je crois que tout film consciemment travaillé au niveau de la forme est un film de fiction. Cela fait longtemps que j’essaye de briser cette séparation entre fiction et documentaire. J’ai eu un mal fou à sortir mes films dans des circuits internationaux, festivals ou autres. Ce sont des organisations faites pour confirmer les catégories au lieu de les détruire. »
(Johan VAN DER KEUKEN, été 1978).

Initié à la photographie dès l’âge de 13 ans, Johan VAN DER KEUKEN publie son premier album en 1955, il en a alors 17. Le livre fait scandale mais lui permet d’obtenir une bourse pour étudier le cinéma à Paris, plongée dans les remous de la décolonisation. Il rejette l’enseignement très normatif de l’IDHEC. Il ne terminera d’ailleurs pas ses études, et entame, avec des moyens souvent modestes, la réalisation de petits films qui vont très vite assurer sa réputation.
Ce sont les œuvres de cette période, celles des années 60, qui feront l’objet de notre première rencontre autour de Johan VAN DER KEUKEN. Plus particulièrement les deux versions de L’Enfant aveugle.

En 1964, VAN DER KEUKEN tourne un court métrage sur la façon dont l’enfant aveugle se forme une image du monde, un monde différent du nôtre. "Sur le plan pratique l’aveugle doit vivre dans un monde qu’il n’a pas collaboré à faire. Un monde d’obstacles contre lesquels il se heurte. D’indications et de mouvements qu’il ne peut suivre, de signaux qui ne l’atteignent pas." (Johan VAN DER KEUKEN).

En 1966, VAN DER KEUKEN reprend le sujet en s’axant d’avantage sur un jeune garçon ; Herman Slobbe, « un garçon au moment de la puberté doit se débattre avec son environnement pour se frayer un chemin, se faire une position, pas seulement du point de vue de la perception mais aussi du point de vue social. Et là, la cécité n’est pas seulement un autre mode de perception, mais aussi un champ de luttes sociales. »
(Johan VAN DER KEUKEN)

A la moitié du film, VAN DER KEUKEN demande à Herman de faire la prise de son et le film se met à exister à travers l’écoute de l’enfant.

Seront analysés : Even Stilte (1960)
Blind Kind (1964)
Herman Slobbe, Blind Kind II (1966)

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Durée : 2h30
Réservations : www.cinema-aventure.be
Tarifs : 6,5 / 5

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Présentation des séances :

Leçon #1 : Cinéma direct et Cinéma Vérité
Leçon 2 : Portrait of Jason
Leçon 4 : Amsterdam Global Village
Leçon 5 : Filmer l’ennemi