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Programme : courts métrages roumains

Programmation de 5 courts-métrages roumains réalisés entre 1960 et 1989, et étonnement critiques de la politique du régime de Ceausescu à l’égard des travailleurs.
Le programme introduit par Dominique Nasta, professeur à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et spécialiste des cinémas de l’Est.

Usine

(Uzina)
Slavomir Popovici, Roumanie, 1963

Exaltation filmique du progrès industriel, les superbes images d’Uzina nous entraînent dans la Roumanie de la modernité.

L’eau comme un buffle noir

(Apa ca un bivol negru)
Dan Pita, Mircea Veroiu, Stere Gulea, Roumanie, 1971

Suite à des inondations importantes au début des années 70, une équipe de plusieurs cinéastes part en Transylvanie pour préparer un long métrage sur cette catastrophe. La censure trouve le film trop “humain” / “esthétique”, et les réalisateurs sont incités à ajouter une bobine – la première – sur des aspects positifs de la politique de recons- truction de Nicolae Ceausescu. Ce film, présenté dans une version longue au festival de Locarno en 1971 sous la signature de deux réalisateurs seulement, a servi de carte de visite pour toute une génération de jeunes cinéastes, dont plusieurs émigreront quelque temps après le tournage, et est désormais considéré comme un classique du documentaire roumain.

Ioane, comment est la construction ?

(Ioane, cum e la constructii ?)
Sabina Pop, Roumanie, 1983

De l’aube jusqu’à la tombée de la nuit, le film suit les travailleurs du bâtiment tout au long de leur journée de labeur. L’usage de l’ironie dans ce documentaire renverse les clichés sur l’héroïsme et les exploits accomplis collective- ment sur le chantier. Parallèlement, Sabina Pop laisse un espace important aux images poétiques et d’ambiance.

Le jour viendra

(Va veni o zi)
Copel Moscu, Roumanie, 1983

Portrait d’un établissement avicole, le film oscille entre document pédagogique sur l’élevage des dindes et sur les méthodes d’éducation délivrées par le jardin d’enfant créé au sein de l’entreprise. Simple présentation d’une fabrique à l’organisation du travail modèle ou sévère critique du lavage de cerveau étatique ? Le montage spasmodique de Va veni o zi laisse peu d’ambiguïté quant à la dénonciation moqueuse du régime autoritaire par Copel Moscu. Le film, réalisé en 1985, ne sortira qu’en 1992.

Et comme sentiment, un cristal

(Iar ca sentiment un cristal)
Bose Ovidiu Pastina, Roumanie, 1987

Portrait d’Ivan Patzaichin, champion olympique multi-primé en canoë-kayak, sans dialogue et sans commentaire. L’approche impressionniste de Bose Ovidiu Pastina fait davantage émerger la solitude de ce grand athlète que l’importance de ses prestations sportives.