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Douce France 8 avril 2003 - 23 avril 2003

Il y a bientôt un an, une partie de la France se réveillait en sursaut, secouée, hébétée par un séisme politique inattendu. Pour la première fois depuis 69, la gauche allait être absente au second tour des présidentielles. Un réveil brutal et tardif suivi d’une mobilisation générale contre l’extrême droite. Un an après, que reste-t-il de la Douce France qui perdit ce jour-là (à nouveau) son innocence ?

Tournés avant le scrutin, La vie sans Brahim et Le Voyage à la mer ne sont pas à proprement parler des films prémonitoires. Mais en les regardant à la lumière des événements d’avril 2002, surgissent soudain malgré-eux des traces, des indices, des signes avant-coureurs. Tous deux, en s’enfonçant dans cette "France profonde" comme l’on disait autrefois, et que Raffarin nomme aujourd’hui la "France d’en bas", nous emmènent avec simplicité à la rencontre d’hommes et de femmes qui nous traduisent leur malaise et leurs questions. D’un petit village d’Essone, avec sa place, sa mairie, ses quelques habitants du cru, ses nombreux navetteurs et son seul habitant arabe, aux campings de bord de mer avec ses vacanciers aux torses nus, les deux cinéastes cherchent la rencontre, provoquent la parole et le dialogue, comme habités par une inquiétude urgente.

Et pour leur faire écho, deux films du début des années soixante. C’était au temps où le cinéma explorait une nouvelle liberté de mouvement et de ton, le cinéma direct. Chronique d’un été et Le joli mai sont des films de rencontre et de parole. Ici aussi, on retrouve chez les cinéastes cette même volonté de descendre dans la rue, d’aller vers les habitants et de les questionner sur la vie, l’amour, le bonheur, le travail, la guerre et la paix. Le portrait de la France que Chris. Marker dresse au travers des interviews du joli mai semble en quelque-sorte prémonitoire d’un autre mois de mai, 6 ans plus tard...

Pour télécharger le pdf reprenant cette programmation cliquez ici :

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  • La vie sans Brahim

    Laurent Chevalier, France, 2001
    “Soisy-sur-École est un petit village de l’Essonne de 2000 habitants. C’est là que j’ai connu Brahim, le seul Arabe du village. Le seul, jusqu’à l’arrivée de Mustapha venu y racheter l’épicerie. C’est dans cette petite boutique que se fera la (...)
  • Le voyage à la mer

    Denis Gheerbrant, France, 2001
    Un voyage dans les campings de bord de mer, le long de la côte qui va de l’Espagne à la Camargue, comme l’envers de la société, un jeu de cartes savamment mélangé. Chaque fois que le cinéaste plante sa tente, il fait connaissance avec ses voisins. (...)
  • Chronique d’un été

    Jean Rouch, Edgar Morin, France, 1961
    “Pourquoi Chronique d’un été ? Tout simplement parce que Chronique d’un été est inépuisable : il est de certains films comme de livres ou de peintures, ils se trouvent juste au point de rencontres entre des forces qui en font des repères. Un des (...)
  • Le joli mai

    Chris Marker, Pierre Lhomme, France, 1962
    Un mois dans une ville, mai 1962, Paris filmé au plus près du pavé et des visages par Chris Marker et son équipe. « En ce premier mois de paix depuis sept ans », car la guerre d’Algérie s’achève avec les accords d’Évian, que font, à quoi pensent les (...)