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Leçon de cinéma #1 : Thierry Odeyn

20 octobre 2018, 10h30

CYCLE DE CINEMA - 2018/2019

Pour commencer le cycle 2018/19 de leçons de cinéma données par Thierry Odeyn, réalisateur et professeur de cinéma à Bruxelles, deux séances seront consacrées au cinéma direct. Ces séances répondent et font lien avec les événements organisés dans le cadre du Mois du Documentaire.

Durée : 2h30
Tarif et réservation : https://cinema-aventure.be/index.ph...

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« A la fin des années 1959, la synchronisation de l’image et du son est venue bousculer l’art du documentaire. Jusque là, le 16 mm était resté cantonné dans le domaine de la recherche scientifique, de la télévision et de quelques amateurs éclairés. En quelques années, avec le son synchrone, il a pris une dimension nouvelle. Les avantages étaient évidents : le matériel est plus léger, plus maniable. Avec le son on peut s’approcher des hommes car ils ne se laissent plus seulement photographier mais ils s’expriment. En même temps, je me suis rendu compte combien la richesse de ces nouvelles techniques qui permettaient de rentrer si fort dans la réalité, presque sans effort, pouvait tendre vers un appauvrissement de l’art du documentaire »
Joris Ivens

L’unité 16 mm synchrone a vu le jour outre atlantique pour répondre aux besoins grandissants d’une télévision gourmande. Au Canada (Candid Eye) et aux États-Unis (Living Caméra) les pionniers du « cinéma direct » vont ériger la non intervention de l’équipe de tournage en dogme : refus de la scénarisation, refus de toute mise en scène des événements filmés, la caméra invisible se doit de filmer avec le maximum de neutralité.

« Il faut filmer la vie comme elle est. Plus je me suis mis à tourner des films à partir de situations non contrôlées et plus j’ai trouvé des choses extraordinairement intéressantes, parce qu’elles sont vraies ».
Richard Leacock

On tourne, beaucoup, en plans séquences synchrones. Pour accompagner le sujet, on filme, caméra à la main, avec une focale courte. Le montage, rejetant l’usage du commentaire et de la musique, tente de restituer, le plus souvent chronologiquement, les événements que la caméra a enregistrés.

« Nous consacrons 75 à 80% de notre temps, de nos efforts, de notre intelligence à découvrir, après le tournage, dans le matériel filmé à notre disposition, en quoi consiste l’histoire et comment la révéler au montage ».
Robert Drew

Loin de cette « candeur » qui voudrait que l’image soit la représentation fidèle de la réalité, d’autres (« cinéma direct » en France) vont parler des modifications que la présence de la caméra apporte dans le cours de événements filmés. Il ne s’agit plus de questionner la réalité du monde mais la réalité que la caméra a, elle-même, contribué à produire. Cette interaction interroge la relation au sujet filmé et c’est d’éthique dont il est ici question.

A l’aide d’extraits de films de Raymond Depardon, Jean Rouch, Johan Van der Keuken, Chris Marker, notre première séance va tenter de parcourir quelques unes de ces questions ainsi que les traces que cette révolution technique a laissé chez nous, de « Faits Divers » à « Strip Tease ». Nous aborderons plus spécifiquement la problématique du rapport à l’autre.