Inscrivez-vous à notre newsletter :

Nouvel article N° 1303

Les gueules de l’emploi

Martine Delumeau, France, 2002

Ils s’appellent Assia, Toufik, Nassera , Eva ou Gaston. Nés en France ou en Afrique, ils ont un jour été victimes de discrimination raciale au travail ou à l’embauche : un mot, une attitude leur ont fait comprendre qu’ils n’avaient peut être pas leur place dans le monde du travail. Pour ces 5 personnes, cet épisode de leur vie a été vécu comme un choc, un traumatisme lorsque nous faisons connaissance avec eux, les actes discriminatoires dont ils ont été victimes ont déjà eu lieu depuis au moins deux ans mais la douleur qu’ils ressentent est encore vive. Comment ont-ils vécu cette injustice ? Comment ont-ils réagi et surtout comment rester debout après tant d’humiliation subies ? C’est à quelques-unes de ces questions que tente de répondre ce documentaire.

Les prolos

Marcel Trillat, France, 2003

”Les prolos” est un carnet de voyage, une promenade subjective en six étapes à travers les usines de France, un état des lieux non exhaustif du travail ouvrier aujourd’hui et de sa précarisation.
De l’usine Renault Rental Trucks, usine ”classique” où l’inventivité des ouvriers est récompensée par une cafetière ou une place de cinéma, à l’usine 3M dont les actionnaires exigent chaque année une hausse de la rentabilité d’au moins 5%, le voyage de Marcel Trillat passe aussi par une usine ”modèle” où directeur et syndicalistes travaillent en co-gestion pour éviter licenciements et restructuration, ou par les méandres de la sous-traitance dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Le film est surtout celui d’une rencontre avec les ”prolos” - terme évidemment pris ici comme diminutif affectueux des prolétaires - des femmes et des hommes qui en 2002 existent dans leur diversité, leur solitude et leur combativité. Qui sont les ouvriers aujourd’hui ? Quelle est leur condition, quelles sont leurs aspirations, leur conscience d’eux-mêmes et de leur force ou de leur vulnérabilité...? Quelles armes leur reste-t-il pour défendre leurs droits ? Quels sont leurs engagements ?

”Ils semblent avoir disparu. Lorsqu’on entend encore parler d’eux, c’est à l’occasion d’une fermeture d’usine. Les survivants se taisent, de peur d’attirer sur eux le mauvais sort. Ils sont pourtant près de 6 millions en France. Mais la crise des années 80 et 90 a peu à peu désarmé leur combativité, affaibli leur puissance de frappe, encouragé les comportements individualistes. Malgré la relative embellie des dernières années, leurs acquis sont toujours menacés, les salaires ne progressent plus, la précarité et la sous-traitance gagnent du terrain. Dans les entreprises modernes, on ne les appelle plus les ”ouvriers” mais les ”opérateurs”, et ils ne travaillent plus ”à la chaîne” mais
”sur ligne”. ”Cela fait a peu près la même différence qu’entre les sourds et les malentendants” dit l’un d’eux...” Marcel Trillat.

Atelier : Intégration ? Désintégration ? Le travail, à quel prix ?

Anonyme,

Le travail. Facteur d’intégration dans la société ou facteur de désintégration humaine. A la demande du Collectif Droits et Respect de Molenbeek nous avons voulu réunir une série de personnes d’horizons divers autour de la table pour réfléchir à la question.
Animé par Estelle Kreszlo (Chercheuse à l’Institut de Sociologie de l’ULB) cet atelier de réflexion sera l’occasion de projeter des extraits de films et des documents vidéos et audios, et de les confronter à des chercheurs, des réalisateurs, des représentants de syndicats, des journalistes, des étudiants et aux membres de divers collectifs de chômeurs.

Danger Travail

Un programme de documentaires réunis par Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe.

composé d’extraits de :
Pizza americana Pierre Carles, 1994 ; Avec le sang des autres Bruno Muel, 1974 ; Feniant Dupain, 2000 ; En finir avec la chaîne ? Alain Rabéchault, 1998 ; Uppercut Pierre Carles, 2004 ; Cho ! Cho ! Cho ! Kiki Picasso, 1998 ; Travailler c’est trop dur Zachary Richard, 1980 ; Et d’entretiens avec des déserteurs du marché du travail
Christophe Coello & Stéphane Goxe, 2002.

Une dizaine de chômeuses et chômeurs racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus travailler. Après avoir fréquenté plus ou moins longtemps le monde du travail, ces hommes et femmes qui ont fui l’usine, l’entrepôt ou le bureau, bien décidés à ne plus accepter les règles de la guerre économique contemporaine. Loin de l’image du chômeur accablé et déprimé, ces ”sans-emplois qui n’en demandent pas pour autant”, expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s’épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de temps à profusion. Extrait du dossier de présentation.

”Parce que de plus en plus de personnes refusent d’occuper ”des boulots de merde payés des miettes”, parce que les médias ne s’intéressent à la question du travail que pour mieux en célébrer les vertus, parce que la classe politique et patronale sacralise sa valeur morale quand le ”saint marché” dévalorise chaque jour un peu plus le temps, le sang et la sueur versés pour d’autres, sans doute convient-il alors, dans un geste de dissidence, de brandir l’avertisse- ment : DANGER TRAVAIL.” Stéphane Goxe.

Danger Travail est une étape de travail dans la réalisation d’un long-métrage Volem rien foutre al païs qui sortira en salle en France fin 2003. Plus d’infos sur www.rienfoutre.org

The Big One

Michael Moore, Etat-Unis, 1998

Fidèle à son audace d’investigation, Michael Moore poursuit sa lutte contre les hommes haut placés aux États-Unis, qu’ils soient politiciens ou patrons de firmes. Dans The Big One, son avant-dernier film inédit en Belgique, il démonte une fois de plus avec virulence les rouages du système politico-économique aux États-Unis. L’idée de départ de Michael Moore est alléchante : aller à la rencontre de PDG de grandes sociétés qui ont la particularité de réaliser d’énormes bénéfices et de licencier massivement leurs salariés. Le réalisateur s’interroge, faussement naïf, sur ce phénomène de plus en plus courant qui a transformé le rêve américain en un cauchemar. Seulement, pour mener à bien son entreprise, Michael Moore utilise la tournée de promotion de son livre Downsize this (Dégraissez-moi ça !) à travers les États-Unis en 1996. Son livre a été publié par une maison d’édition dont le propriétaire n’est autre que Rupert Murdoch, un de ces fameux patrons auquel il s’attaque. De cette contradiction initiale et ambiguë, Moore s’en sert pour étaler au grand jour les méfaits du système. De ville en ville, Moore s’invite dans les immeubles de grandes entreprises et offre aux responsables des prix (celui du PDG le plus radin p.ex.), et des chèques de quelques centimes (”quelques centimes pour vous, le salaire moyen d’un des vos employés exploités !”).

Loin du Vietnam

1967. Les Américains déversent chaque jour mille tonnes de bombes sur le Nord Vietnam. 150 cinéastes, scénaristes, reporters, techniciens et dessinateurs de haut niveau décident d’apporter leur collaboration à ce film. Ils filment au nord et au sud Vietnam, dans les rues de Hanoï et dans les villages, mais aussi aux États-Unis, où se multiplient les manifestations, à Paris, à Cuba et dans les points chauds du globe. Documentaire et fiction s’y rejoignent pour dire non à cette” guerre des riches contre les pauvres”.

A bientôt j’espère

Chris Marker, Mario Marret, France, 1967

En mars 67, éclate à Besançon une grève à la Rhodiaceta, une usine textile dépendant du groupe Rhône-Poulenc, qui emploie dans la ville 3.000 ouvriers. Ce fut une des grandes grèves d’avant 1968, caractérisée par une occupation des locaux et des affrontements violents avec la police. Le film A bientôt, j’espère a été réalisé à la demande des travailleurs, qui avaient envoyé à Marker ce message : ”Si vous n’êtes pas en Chine, venez donc faire un tour à la Rhodia. Il s’y passe des choses importantes”. Chris. Marker, Mario Marret, Antoine Bonfanti et d’autres, tels Jean-Luc Godard, se sont rendus sur place et ont participé à l’action des travailleurs. Ils ont senti alors qu’il existait une demande très forte de films sur les luttes ouvrières et aussi un besoin de les faire connaître par le moyen du cinéma”.

La charnière

La Charnière est un film sans images, juste une bande-son d’une douzaine de minutes, captée un soir d’avril 68 à l’issue de la projection d’À bientôt, j’espère à Besançon. Des échanges, un débat entre des gens de cinéma et les ouvriers, insatisfaits par le film. ”Juste un son, mais un son juste...”

Classe de lutte

Groupe Medvedkine, France, 1969

”Le groupe Medvedkine, qui a réalisé Classe de lutte était composé d’ouvriers de la Rhodiaceta qui n’avaient pas été entièrement satisfaits par À bientôt, j’ espère, dont ils avaient trouvé le regard encore trop extérieur, voire ethnographique. Chris. Marker a alors proposé aux ouvriers, en mettant à profit la structure du Centre de Culture Populaire, de créer un collectif et de tourner eux-mêmes, avec l’appui matériel et technique de SLON, leurs propres films.” ISKRA

Sochaux - 11 juin 1968

Groupe Medvedkine, France, 1968

11 juin 68. Après 22 jours de grève, la police investit les usines Peugeot à Sochaux : deux morts, cent cinquante blessés. Des témoins racontent.

La Parcelle

Jacques Loiseleux, France, 1969

En mai 1970, à Avessac, en Loire-Atlantique, deux syndicats d’exploitants agricoles décident d’engager une action de masse pour pousser un fermier propriétaire à signer un bail de location de terre à un autre fer- mier qui ne possède pas la surface de référence minimum pour prétendre aux prêts dont il a besoin. C’est le film de cette exemplaire journée, illustrant l’action syndicale en milieu paysan.

On vous parle de Prague : Le deuxième procès d’Artur London

Chris Marker, France, 1970

Entièrement filmé sur le tournage de L’aveu, adaptation cinématographique du livre-témoignage d’Artur London, victime des procès de Prague, ce film montre l’équipe du film au travail. Avec Marker, chacun s’interroge : ”doit-on toujours dire la vérité, même si elle apporte de l’eau au moulin de l’adversaire” ? Il interviewe techniciens, acteurs (Montand, Signoret), réalisateur (Costa Gavras), scénariste (Jorge Semprun) et Artur London lui-même, dont l’arrivée sur le plateau confronte la réalité et sa reconstitution cinématographique. ISKRA

La raison du plus fort

Patric Jean, Belgique, 2003

Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. Suivant l’exemple américain, l’Europe se polarise entre ses quartiers riches et ses banlieues de misère où se généralise la ”tolérance zéro”.
On construit une prison quand on ferme une usine. Les pauvres en général et les jeunes issus de l’immigration en particulier sont l’objet de toutes les peurs. Passant de l’autre côté du miroir et brisant les clichés, le film les montre dans leur humanité, dans une cellule, le box d’un tribunal ou une cave de cité, avec leurs émotions, leurs envies, leurs peurs et leur désespoir. Loin d’une image de la démocratie européenne où tous ont leur chance, le film, prenant à témoin la France et la Belgique, offre un regard critique et émouvant d’une société parfois sordide, la nôtre.
”Quelle drôle d’époque ! Que sommes-nous en train de faire ? Avons-nous perdu la raison ?”