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Nouvel article N° 1138

On s’en sortira

Jérôme Paul, France, 2002

Le GEIQ (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification) est une formule peu connue, mais qui compte en France une centaine de structures labellisées. C’est un peu une association, un peu une entreprise. Au GEIQ 24 de Bergerac, le plus ancien des GEIQ, dans le Périgord, des artisans (ici du bâtiment) se sont regroupés pour se partager une main d’œuvre commune avec un objectif : l’insertion et la quali- fication de jeunes en difficulté. La formule est simple : un contrat de qualification de un à deux ans assurant un minimum de 80% du SMIC à des jeunes de 16 à 26 ans, 25% du temps en formation, le reste en entreprise. Ce documentaire suit quelques jeunes employés dans le GEIQ 24, jeunes aux parcours souvent difficiles : pas de diplôme, pas d’expérience, pas ou peu de structure familiale, des problèmes de santé parfois, de dettes ou de justice. Un suivi total est réellement indispensable.
Le spectateur les verra au travail chez les artisans, mais aussi en entretien avec les encadrants, ou avec les formateurs dans l’élaboration de leur projet professionnel.

Roger Toupin, Epicier Variété

Benoit Pilon, Canada, 2003

Le cinéaste pose un regard tendre sur les derniers moments de l’existence d’une épicerie qui, pendant plus de 60 ans, a eu pignon sur rue dans le quartier du Plateau Mont-Royal. Pour Roger Toupin qui tenait ce commerce hérité de son père,
cet endroit était bien plus qu’un gagne-pain. Né dans l’appartement du dessus,
il y a grandi, vécu et aimé. Tout en prenant bien soin de sa mère, Roger accueille généreusement dans son royaume voué à une disparition prochaine ses vieux complices qui fréquentent le lieu depuis les premiers jours et y partagent café, petits airs de violon et souvenirs.

Bayard d’Or du Meilleur Documentaire au 19ème Festival du Film Francophone de Namur 2004. Mention du Prix du Public au festival Visions du Réel à Nyon 2004

Interview de deux responsables syndicales

Marie-Hélène Rabier, Belgique, 2004

Lors du tournage d’un reportage pour le magazine Actuel sur les conditions de travail dans la grande distribution, Marie-Hélène Rabier rencontre deux déléguées syndicales travaillant chez Aldi depuis plus de 20 ans. Elles parlent de l’évolution de leur travail.

Ni repris, ni échangé

Marie Bonnard, France, 2003

Virginia et Leila viennent d’être engagées chez Tati Mariage à Paris. Jetées dans la foule, elles improvisent pour vendre vite et s’intégrer au sein de l’équipe.

Travailler à domicile. 31 portraits

Anonyme, France, 1986

En 1986, l’INA, La Sept Arte et la sociologue Monique Haicault initient une série de 31 portraits sur le travail à domicile : de la kinésithérapeute à l’enfileuse de perles en prison, à l’ ouvrière à domicile, au traiteur antillais, en passant par le polisseur de couteaux ou le tailleur. Tournés en "vidéo-paluche" en noir et blanc par des cinéastes reconnus comme Dominique Gros, Anna-Célia Kendall, François Caillat ou par la sociologue elle-même, les films étaient ensuite confiés à Michael Gaumnitz pour une intervention à la palette graphique. Pour cette séance nous vous présenterons une sélection de quelques portraits.

Toucan d’argent au Festival de Rio 1987. Prix spécial au Festival Video de Tokyo 1988.

Vivre et travailler chez soi

Monique Haicault, France, 1987

Un après la diffusion de la série Travailler à domicile, la sociologue Monique Haicault reprend la matière tournée pour faire un film de 20 minutes. Elle continue aujourd’hui à étudier les évolutions du travail à domicile.

Un monde moderne

Sabrina Malek, Arnaud Soulier, France, 2004

Depuis quelques années, les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire ont mis en place une nouvelle organisation du travail afin de faire baisser les coûts de production. Le principe est de faire massivement appel à la sous-traitance (souvent étrangère)
et à l’intérim. Parallèlement à la construction du plus grand paquebot du monde,
le Queen Mary 2, les salariés des Chantiers nous racontent comment ils vivent cette précarité organisée. Quelles conséquences cette réorganisation induit-elle au niveau individuel et collectif ? Quels changements implique-t-elle dans les conditions et
les rapports au travail ?

Prix du Film Long aux Ecrans Documentaires de Gentilly 2004.

Jours précaires

Cyril Mennegun, France, 2004

A travers le portrait de Corinne et de Patrick, Cyril Mennegun nous fait partager le quotidien des ’travailleurs pauvres’, et les révoltes contenues et douleurs intimes que cette précarité implique.
"Belfort fait grise mine. Pas seulement parce que ses façades manquent de fraîcheur et que le ciel est lourd. Le taux de chômage y atteint des records, et les suppressions d’emplois à Alstom limitent d’autant les perspectives d’avenir. C’est dans ce contexte un peu pesant que Cyril Mennegun, enfant du pays, a suivi le quotidien et les diverses démarches de Corinne et Patrick. ’Je suis une travailleuse pauvre, pas une précaire’, réclame la première qui, faute de contrat stable, n’a plus d’appartement et vit à droite et à gauche, sa valise dans sa voiture, et avec quatre enfants à charge. Patrick, auxiliaire de vie, fait suffisamment d’heures pour s’assurer un logement, pas assez pour le reste. Solitude, inquiétude, impossibilité de se projeter dans l’avenir. D’un ton lucide et posé, les interlocuteurs de Cyril Mennegun expliquent la place de la précarité dans leur vie. Et il signe deux beaux portraits, pudiques et sensibles.”

Anne Roy dans L’Humanité du 14 septembre 2004

Up or out. Grimpe ou dégage

Laurent Salters, France, 2004

Depuis la réorganisation d’une activité jusqu’à la fermeture d’une entreprise, en passant par la définition de la stratégie ou le lancement d’un nouveau produit, les cabinets de conseil et de stratégie dessinent aujourd’hui, par leur influence sur la prise de décision des entreprises, les nouveaux visages du travail.
La grande firme de conseil Deloitte et Touche - qui emploie quinze mille consultants dans le monde - vend du conseil aux entreprises afin qu’elles soient plus performantes. Elle a accepté de montrer au réalisateur Laurent Salters la façon dont elle travaille et manage ses consultants. Découverte d’un univers professionnel féroce où rien n’est jamais acquis car tous les ans, à l’heure des primes et des promotions, les consultants - quasiment exclusivement de jeunes sortant d’écoles de commerce - s’évaluent mutuellement. Selon leurs performances, ils reçoivent une note : L (le must), A, B, C ou D, "comme Dégage", comme le résume un salarié.
Des grades viennent jalonner leur progression : consultant senior, senior manager, associé, etc. Mais attention, rien n’est jamais acquis.

A l’ouest des rails

Wang Bing, Chine, 2004

Armé d’une simple caméra numérique, Wang Bing s’attaquait en 1999, pour sa première réalisation, à une entreprise prodigieuse : conserver la mémoire de Tie Xi, gigantesque complexe industriel de la ville de Shenyang, au nord-est de la Chine. Envahi par les Japonais en 1932 et exploité par l’armée impériale jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis sous influence soviétique la décennie suivante, Shenyang devient dans la Chine populaire des années cinquante un des hauts lieux de la politique industrielle menée par Mao. Le site de Tie Xi ne cesse ensuite de s’accroître, avant de succomber à sa propre obsolescence et d’entamer, au tournant du siècle, une période de longue agonie. Pendant deux ans, le réalisateur a enregistré la vie de ses habitants, au travail comme à la maison. Il en ressort un document monumental de plus de neuf heures, composé à la façon d’un triptyque. La grande force de Wang Bing est de s’être focalisé sur la dimension collective du phénomène “Tie Xi”, et d’en avoir extrait l’âme de toute une population. Saisir l’ampleur d’un mouvement aussi général nécessitait que le réalisateur entrât en communion avec la masse de ces travailleurs et en assimile la logique, sans quoi le film risquait d’être sacrifié à l’anecdote. Ce que propose Wang Bing – et qui donne à son travail une qualité si exceptionnelle –, c’est de nous convertir à son expérience, une expérience dans laquelle il a engagé sa propre vie, au fil des années. D’où la durée du film : une conversion nécessite du temps.
S’ouvre alors au spectateur un monde ahurissant qui n’est autre que celui que partagent quelques milliers de Chinois ordinaires à l’autre bout du globe. Tandis que la Chine s’apprête à faire peau neuve et qu’on s’empresse de détruire les anciens symboles du communisme, Wang Bing rappelle que, sous les décombres, un peuple survit. Il est probable qu’un jour il en vienne à réclamer la voix qu’on lui a brutalement supprimée.
Hubert Niogret, Positif.

Ce pain quotidien : Les travailleurs étrangers - Le voyage de Juan Jimenez

Paul Meyer, Belgique, 1966

Parmi les nombreux "télédocumentaires" (le terme est de lui) que Paul Meyer a réalisé pour la télévision francophone et flamande, une série d’émissions reste gravée dans les esprits : Ce pain quotidien. Entre 1962 et 1966, Paul Meyer réalisera pour le compte du Service Enquêtes et Reportages de Henri Mordant, 13 émissions réparties sur deux séries : l’une sur les travailleurs belges, l’autre sur les travailleurs étrangers.
La série sur les travailleurs étrangers est principalement construite autour du personnage de Juan Jimenez, un travailleur espagnol installé en Belgique depuis 1958 que Meyer a rencontré au Club Garcia Lorca à Liège. En 1966, au terme d’un tournage difficile et rocambolesque, Meyer, Jimenez et l’équipe de tournage vont reconstituer le trajet de l’exil de l’Espagne à la Belgique. L’émission que nous vous proposons, la troisième de la série, voit Juan Jimenez arriver en Belgique et partir à la recherche d’un travail.

La Briqueterie

(Klinkaart )
Paul Meyer, Belgique, 1956

Ce magnifique court-métrage de Paul Meyer est une fiction d’inspiration documentaire, adaptée d’une nouvelle de Piet Van Aken et tournée avec pour interprètes les ouvrières et ouvriers des Briqueteries du Rupel. Nous sommes dans les dernières années du XIXe siècle. Une petite fille de treize ans va, pour la première fois, se rendre au travail. Son père, sa sœur connaissent déjà le dur métier de la briqueterie. Les prestations journalières sont interminables. Les conditions de travail affreuses. Si elle sait déjà que l’on exigera beaucoup de ses faibles forces, la petite fille ignore cependant l’essentiel de ce qui l’attend. Et sa sœur n’ose pas lui révéler la vérité.

Prix du Festival International du Travail, Vienne, 1957. Prix du "Most outstanding film of the year", Festival de Londres, 1958.

Déjà s’envole la fleur maigre

Paul Meyer, Belgique, 1960

Déjà s’envole la fleur maigre met en scène l’arrivée puis l’installation d’une famille d’immigrants siciliens dans le Borinage, région charbonnière en déclin, le jour où Domenico, ouvrier mineur depuis dix-sept ans, décide de rentrer au pays. Les premiers débarquent remplis d’espoir, l’ancien quitte la région sans illusions : il sait que les charbonnages sont voués aux fermetures et le pays minier promis à la casse, il pressent que mémoire collective et culture ouvrière sont condamnées à s’éteindre.
Film-météore, unique et inclassable, “Déjà s’envole la fleur maigre” apparaît comme l’exemple même d’un cinéma travaillé par le triple sentiment de la précarité, de l’urgence et de l’aléatoire. À l’origine : une commande ministérielle pour un court métrage de propagande destiné à illustrer le bien-fondé de la politique de l’État belge en matière d’immigration. À l’arrivée : un contrat largement détourné sous la forme d’un long métrage situé à mi-chemin du documentaire et de la fiction (...), libre et hautement poétique, exécuté sans moyens, dans l’invention perpétuelle et l’incertitude du lendemain. Mise en fiction du réel sur le modèle du Borinage de Storck et Ivens ou du Farrebique de Georges Rouquier (pas d’acteurs, mais des personnes réelles interprétant leur propre rôle), chronique d’un jour ordinaire dans une communauté d’ouvriers-mineurs du Hainaut, le film tient tout entier dans ces trois mots, prononcés du haut d’un crassier, par lesquels le vieux Domenico initie un enfant à la vie qui l’attend, tandis qu’en panoramique la caméra dévoile l’étendue du paysage : ’Borinage’, ’Charbonnage’, ’Chômage’. Patrick Leboutte dans ’Ces films qui nous regardent’

Prix de la critique au Festival International de Porretta Terme, 1960. Médaille d’or au Festival International de Bilbao, 1961.
Primé au Festival International des Peuples à Florence, 1962. Médaille d’or au Festival International de Vicence, 1963.